samedi 28 avril 2012

L'Œil

Je t’ai vu dans le couloir
Tituber gauchement dans le noir
Je t’ai vu dans l’escalier
Rater une marche et t’effondrer

J’étais là, j’étais là
J’étais l’œil du néon, j’étais le judas

Je t’ai vu le lendemain
Essayer de retrouver ton chemin
Je t’ai vu dans la ruelle
Regarder passer les hirondelles

J’étais là, j’étais là
J’étais le mouchard, j’étais l’œil du chat

Je t’ai vu à des kilomètres
Cavaler comme un fou dans tes guêtres
Je t’ai vu dans la plaine
Semer tes espions hors d'haleine

J’étais là, j’étais là
J’étais l’œil du corbeau, j’étais

ta 
paranoïa




jeudi 26 avril 2012

Le Goût d'Acier

Une explosion, un ex pleuré
J’ai pris l’premier express pour arrêter d’penser
La dépression, la peur des cons
Des expressos pour faire passer l’temps des cinglés
C’est moins mignon, l’an des néons
Des masques pour pas sentir le goût d’l’acier
C’est presque acide, c’est pas mauvais
Ce p’tit goût de Tchernobyl sur le palais

Des étincelles, de l’étain frais
Accélère le mouvement pour arrêter d’crier
Des états d’âme à l’étuvée
Sort la tête dehors pour pas inspirer la fumée
C’est moins plaisant, ça grince des dents
Mais c’est l’prix à payer pour pas cramer
C’est presque acide, c’est pas mauvais
Ce p’tit goût de Tchernobyl sur le palais

La solitude, les sols fissurés
C’est par habitude que tu finis par oublier
L’temps des vivants, les humaines dénudées
Qui fumaient l’insouciance à s’en consumer
C’est moins léger, les gens couchés
Face dans la terre pour surtout rien regarder
C’est presque acide, c’est pas mauvais
Ce p’tit goût de Tchernobyl sur le palais

Les déserts noirs, la désuétude
C’est ça qui reste après pas mal d’années
Les cendres le soir, l’ciel obstrué
Et des expressos pour éviter d’y penser
C’est moins luisant, comme certitude
D’être si stérile que cette terre séchée
C’est presque acide, c’est pas mauvais
Ce p’tit goût de Tchernobyl sur le palais





mercredi 25 avril 2012

Le Sommeil de la Cité


Marchent les rues, remontent les collines
Traversent les passages en ignorant les ravines
Je suis toujours un intrus dans tes journées libertines
Et j’arpente comme des chemins de croix, tes origines

Jamais je n't'ai vue passer sous les fourches caudines
Dans les heures même où tu émanais des relents d'aluine
Mais t'as déjà connu d’autres retrousseurs de babines 
Et pour le reste du monde tes règles sont sibyllines

Et moi je
Survis à ton sommeil
Comme on peut
Lézarder sous ton soleil

Je deviens ingénu quand ta lumière se décline
S’écoule le temps se dépose la patine
Au milieu des avenues tes talons, tes bottines
Se sont imprimées, incrustées dans mes rétines

Toi la nuit émue, qui regarde les jetées salines
Vois tes lueurs éteintes quand ont fui les berlines
Les ténèbres se sont tues, ta voix est sous-marine
Je caresse à mains nues tes pointes angevines

Et moi je
Survis à ton sommeil
Comme on peut
S’enivrer à ton éveil

Moi qui ai jamais su te dire combien tu me fascines
J’y pense parfois, entre deux bouffées de nicotine

J'y pense et je
Survis à ton sommeil
Comme on peut
Suivre les courbes de Marseille

Moi qui ai jamais su te dire combien tu me fascines
J’y pense parfois, entre deux bouffées de nicotine.









lundi 23 avril 2012

Encore un tour...

Je reste sourd aux ambitions
Je reste sourd aux sans maison
Encore un jour à faire le dos rond
Je reste sourd mais laisse béton

Je reste sourd, c’est ça ma version
Les faits sont lourds mais sans conviction
Nié l’amour et l’horizon
Dans quelques jours c’est la démission

Encore un jour à être con
Je reste sourd et sans raison
Gant de velours sur doigts de béton
Je reste sourd si la Terre fond

Le compte à rebours, comme un poison
A coupé court à nos discussions
Je reste sourd et fais mes salutations
Encore un tour et puis saignons

Un peu d’humour, une grande mission,
Beaucoup de poudre et puis passons
Au second tour j’ai perdu la passion
Je reste sourd et vote marron

Je reste sourd aux émissions
Je passe au four quelques bourgeons
Moi je suis pour une scission
Si ça se fait sans effusion

Je reste sourd et sans décision
Et les tambours c’est sans façons
Je reste sourd c’est ma prison
Même quand pour d'autres c’est l’affliction

Je reste sourd c’est ça ma mission
Je reste sourd dans mon camion
Je n’vis que pour voir passer l’avion
Je reste lourd à ma façon

Je n’parle que pour la délation
Je reste sourd et prend ma ration
C’est mon tour d’monter dans le wagon
Je reste sourd et sans illusion

Je reste sourd aux ambitions
Je reste sourd et sans maison
Encore un jour à faire les yeux ronds
Je reste sourd et c’est si bon