dimanche 30 septembre 2012

Le Train


J’ai fait le plein
Au matin
Du désert jusqu’au centre de Pékin
J’ai fait le plein

J’ai fait le plein
Incertain
Entre deux bars, des jus de raisin
J’ai fait le plein

A quelques heures de la campagne
On se croirait dans Manhattan
C’est ça la vie, la vie de demain
Me disent les jeunes, et font le plein

J’ai fait le plein
Dans ta main
Je t’ai glissé un billet de train
J’ai fait le plein

J’ai fait le plein
Un matin
Du désespoir entre les reins
J’ai fait le plein

A quelques kilomètres ma compagne
Je ne supporte plus Manhattan
C’est ça la vie, c'est ma vie putain
Me disent les jours, et font le plein






jeudi 7 juin 2012

En attendant demain


Jusqu’au petit matin
Mes lanternes ont attendu
Un signe de ta main
Un écho à peine entendu
Des dessins enfantins
Dans la buée retenue
Je reviendrai demain
Quand la neige aura fondu

Jusqu’à l’été prochain
Des lettres mal venues
Retisseront les liens
De nos vies distendues
En attendant la fin
Je m’enroulerai de tissu
Arrosée de ton parfum
Mon écharpe par-dessus


En attendant l’hiver
Nous domine à son aise
Et comme un cimetière
Recouvrera nos braises
Ne reste que le lierre
Pour filer à l’anglaise
Tandis que je me terre
Pour rester loin des falaises

En attendant la fin
Je m’enroulerai de tissu

Je reviendrai demain
Quand la neige aura fondu

Arrosée de ton parfum
Mon écharpe par-dessus

Je reviendrai demain
Quand la neige aura fondu.





dimanche 20 mai 2012

Overlander 18

Là, dans cet endroit, au fond des draps,
c’est là que je m’suis posé des questions
Au fond du verre, fondu en l’air,
je m’suis posé des putains de questions
Là, tête à l’envers, fichu en l’air,
c’est là que je m’suis posé des questions
Là, tout à l’endroit, froid dans les draps,
je m’suis posé des putains de questions

Et toi, toi tu m’ennuies,
Je pose des questions mais tu restes endormi
J’continuerai à parler quand même

Là, dans le grand froid, le fond des draps,
c’est là que je m’suis posé des questions
Au fond du verre, fondu mes nerfs,
je m’suis posé des putains de questions

Et toi, toi tu m’ennuies,
Et moi, j’ai pas dormi
Et toi, toi, toi, toi, toi tu m’ennuies
Et moi, moi moi moi, moi je m’ennuie

Là, tête à l’enfer, foutu en l’air,
c’est là que je m’suis posé des questions
Tu as le choix, l’froid ou mes bras,
je m’suis posé cette putain de question
Là, dans cet endroit, j’ai plus de drap,
c’est là que je m’suis posé des questions
Tu as pas l’choix, savoir quoi faire,
je m’suis posé cette putain de question

Je sais que tu n’dors pas vraiment
Je sais que tu n’dors pas vraiment
Je sais que tu n’dors pas vraiment
Je sais que tu n’dors pas vraiment
Je sais que tu n’dors pas vraiment
Tu sais que tu n’m’ennuies pas vraiment
Je sais que tu n’dors pas tu mens







lundi 14 mai 2012

Overlander 17

Je crois qu’on est arrivé
A une apothéose
Chargé d’électricité
Je frôle la névrose
Je crois qu’on a fait ployer
Un système de psychose
Même si t’es pas rassuré
J’m’occup’rai de ta dose

Je crois qu’ton teint a changé
Tu tires vers le bleu
T’as pas l’air d’bien encaisser
Et ça m’amuse un peu
Je crois qu’tu devrais te lâcher
T’aurais l’air moins nauséeux
Le chang’ment de réalité
C’est ça qui t‘rend nerveux

Regarde, c’est ça, d’être en équilibre
Regarde, c’est comme en chute libre
d’être en équilibre
d’être en équilibre
d’être en équilibre

Je crois qu’on a perdu pied
Y’a déjà quelques cycles
Mais de loin l’plus insensé
C’est la peur de l’hémicycle
J’crois qu’crever pour des idées
C’est un peu trop facile
On peut toujours espérer
L’abolition des missiles

Je crois qu’tu f’rais mieux d’rentrer
Reprendre tes habitudes
Ca t’ira mieux d’rêvasser
Bien dans la multitude
Je crois qu’tu f’rais mieux d’oublier
Et garder tes certitudes
Tu sais bien que la liberté
C’est la solitude

Regarde, c’est ça, d’être en équilibre
Regarde, c’est comme en chute libre
d’être en équilibre
d’être en équilibre
d’être en équilibre







jeudi 3 mai 2012

Les Faits Blessent

Il a les dents longues,
Longues à en rayer le parquet
La justice s’en lave les ongles
Elle a d’autres lions à fouetter

Il a les dents blanches
La pureté version désincarnée
T’as beau monter sur les planches
T’égaleras pas la chance du bien-né

Après lui, après lui, le déluge
Après lui, mais c’est pas nous les juges
Après lui, après lui, le chaos
Après lui, mais on s’ra déjà là-haut

Il a les mains vermeilles
Comme si c’était sa couleur d’origine
Mais dès qu’tu finis ta bouteille
C’est lui qui te lèche les babines

Il a les mains douces
Le cambouis c’est pour les autres
Mais il connaît mieux le p’tit Larousse
C’est là mon vieux, que tu te vautres

Après lui, après lui, le déluge
Après lui, mais c’est pas nous les juges
Après lui, après lui, le chaos
Après lui, mais on s’ra déjà là-haut

Il a la tête bien pleine, oui,
Il a lu les satyres et les pamphlets
Pendant qu’tu finissais ton whisky
Il contemplait déjà sa toile tissée

Il a la tête partout affichée
Tu peux plus l’voir, mais c’est fait
Tu n’l’as pas vu arriver
C’est là mon vieux, qu’on s’est trompé

Après lui, après lui, le déluge
Après lui, mais c’est pas nous les juges
Après lui, après lui, le chaos
Après lui, mais on s’ra déjà là-haut









samedi 28 avril 2012

L'Œil

Je t’ai vu dans le couloir
Tituber gauchement dans le noir
Je t’ai vu dans l’escalier
Rater une marche et t’effondrer

J’étais là, j’étais là
J’étais l’œil du néon, j’étais le judas

Je t’ai vu le lendemain
Essayer de retrouver ton chemin
Je t’ai vu dans la ruelle
Regarder passer les hirondelles

J’étais là, j’étais là
J’étais le mouchard, j’étais l’œil du chat

Je t’ai vu à des kilomètres
Cavaler comme un fou dans tes guêtres
Je t’ai vu dans la plaine
Semer tes espions hors d'haleine

J’étais là, j’étais là
J’étais l’œil du corbeau, j’étais

ta 
paranoïa




jeudi 26 avril 2012

Le Goût d'Acier

Une explosion, un ex pleuré
J’ai pris l’premier express pour arrêter d’penser
La dépression, la peur des cons
Des expressos pour faire passer l’temps des cinglés
C’est moins mignon, l’an des néons
Des masques pour pas sentir le goût d’l’acier
C’est presque acide, c’est pas mauvais
Ce p’tit goût de Tchernobyl sur le palais

Des étincelles, de l’étain frais
Accélère le mouvement pour arrêter d’crier
Des états d’âme à l’étuvée
Sort la tête dehors pour pas inspirer la fumée
C’est moins plaisant, ça grince des dents
Mais c’est l’prix à payer pour pas cramer
C’est presque acide, c’est pas mauvais
Ce p’tit goût de Tchernobyl sur le palais

La solitude, les sols fissurés
C’est par habitude que tu finis par oublier
L’temps des vivants, les humaines dénudées
Qui fumaient l’insouciance à s’en consumer
C’est moins léger, les gens couchés
Face dans la terre pour surtout rien regarder
C’est presque acide, c’est pas mauvais
Ce p’tit goût de Tchernobyl sur le palais

Les déserts noirs, la désuétude
C’est ça qui reste après pas mal d’années
Les cendres le soir, l’ciel obstrué
Et des expressos pour éviter d’y penser
C’est moins luisant, comme certitude
D’être si stérile que cette terre séchée
C’est presque acide, c’est pas mauvais
Ce p’tit goût de Tchernobyl sur le palais





mercredi 25 avril 2012

Le Sommeil de la Cité


Marchent les rues, remontent les collines
Traversent les passages en ignorant les ravines
Je suis toujours un intrus dans tes journées libertines
Et j’arpente comme des chemins de croix, tes origines

Jamais je n't'ai vue passer sous les fourches caudines
Dans les heures même où tu émanais des relents d'aluine
Mais t'as déjà connu d’autres retrousseurs de babines 
Et pour le reste du monde tes règles sont sibyllines

Et moi je
Survis à ton sommeil
Comme on peut
Lézarder sous ton soleil

Je deviens ingénu quand ta lumière se décline
S’écoule le temps se dépose la patine
Au milieu des avenues tes talons, tes bottines
Se sont imprimées, incrustées dans mes rétines

Toi la nuit émue, qui regarde les jetées salines
Vois tes lueurs éteintes quand ont fui les berlines
Les ténèbres se sont tues, ta voix est sous-marine
Je caresse à mains nues tes pointes angevines

Et moi je
Survis à ton sommeil
Comme on peut
S’enivrer à ton éveil

Moi qui ai jamais su te dire combien tu me fascines
J’y pense parfois, entre deux bouffées de nicotine

J'y pense et je
Survis à ton sommeil
Comme on peut
Suivre les courbes de Marseille

Moi qui ai jamais su te dire combien tu me fascines
J’y pense parfois, entre deux bouffées de nicotine.









lundi 23 avril 2012

Encore un tour...

Je reste sourd aux ambitions
Je reste sourd aux sans maison
Encore un jour à faire le dos rond
Je reste sourd mais laisse béton

Je reste sourd, c’est ça ma version
Les faits sont lourds mais sans conviction
Nié l’amour et l’horizon
Dans quelques jours c’est la démission

Encore un jour à être con
Je reste sourd et sans raison
Gant de velours sur doigts de béton
Je reste sourd si la Terre fond

Le compte à rebours, comme un poison
A coupé court à nos discussions
Je reste sourd et fais mes salutations
Encore un tour et puis saignons

Un peu d’humour, une grande mission,
Beaucoup de poudre et puis passons
Au second tour j’ai perdu la passion
Je reste sourd et vote marron

Je reste sourd aux émissions
Je passe au four quelques bourgeons
Moi je suis pour une scission
Si ça se fait sans effusion

Je reste sourd et sans décision
Et les tambours c’est sans façons
Je reste sourd c’est ma prison
Même quand pour d'autres c’est l’affliction

Je reste sourd c’est ça ma mission
Je reste sourd dans mon camion
Je n’vis que pour voir passer l’avion
Je reste lourd à ma façon

Je n’parle que pour la délation
Je reste sourd et prend ma ration
C’est mon tour d’monter dans le wagon
Je reste sourd et sans illusion

Je reste sourd aux ambitions
Je reste sourd et sans maison
Encore un jour à faire les yeux ronds
Je reste sourd et c’est si bon